L’Agriculture familiale : Une machine silencieuse de développement

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Né dans une famille où mes grands-parents pratiquaient l’agriculture, bien que modeste, je trouve que cette forme d’activité mérite plus d’attention aujourd’hui qu’hier. Véritable outil capable de souder tous les membres d’une famille, l’agriculture familiale participe d’une manière silencieuse à la survie et le développement de notre société, surtout pour les pays à faible revenu. Cette forme d’agriculture, bien que moins scientifique, elle permet de nourrir plusieurs ménages et contribue à lutter contre la faim et la pénurie alimentaire. Elle ranime le lien social entre les membres d’une même famille et participe à la protection de l’environnement, du fait que des fumiers organiques sont utilisés à place des fumiers chimiques.

 

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En plus des fonctions que cette activité joue sur l’économie de la famille, l’agriculture familiale permet aussi aux jeunes d’apprendre tôt les travaux des champs et peuvent s’exercer dès le jeune âge. Dans cette société où tout travail manuel s’apprend notamment en payant de l’argent, dans la famille qui pratique l’agriculture on peut apprendre et jouir des avantages de cette activité sans payer de l’argent. Ayant moi-même suivi à plusieurs occasions ma grand-mère au champ, j’ai bénéficié dès le jeune âge d’une expérience inoubliable. Ainsi grâce à l’agriculture familiale les jeunes peuvent aussi gagner des leçons morales, notamment savoir que le travail n’est pas seulement fait pour avoir un salaire, mais aussi pour des avantages sociaux, culturels et écologiques.

 
Le regard que portent les gens sur l’agriculture familiale doit évoluer pour lui donner encore plus de place. Cette activité qui reste souvent négligée peut apporter beaucoup à toute la société et contribué au développement réel. Pour certains jeunes, surtout ceux vivant en ville, être agriculteur est considéré comme une humiliation car ce travail est beaucoup minimisé dans cette société moderne. Cette société a besoin donc des modèles que des beaux discours. Les jeunes ont besoin de voir d’autres jeunes, intellectuels s’investir dans l’agriculture, en mettant leur force, leur temps et leur intelligence dans l’agriculture. Voici en quoi mon blog tire sa raison d’être. Changer, s’il le faut, la conception des autres jeunes et adultes sur l’agriculture familiale.

 

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Je crois, du fond de mon cœur, que l’agriculture familiale peut changer notre société s’il y avait un bon encadrement et suivis dans les exploitations. Je crois que l’Etat et toute la société soit soutenir les agriculteurs et motiver les jeunes à cette activité, car elle contribue au bien-être de toute la société. Cependant, ce soutien doit être concret, comme donner des petits fonds aux agriculteurs ou distribuer des semences améliorées à ces derniers. L’agriculture familiale est plus que ce que l’on croit, elle renforce les liens sociaux, protège l’environnement, lutte contre la famine et permet le développement des ménages et de toute la nation.

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Agriculture et élevage au Burundi : Défis et solutions

           Par Teddy Claude Harushimana (journaliste à la Télévision Héritage)

L’agriculture et l’élevage  constituent l’un des secteurs clés pour la sécurité alimentaire au Burundi. Le Burundi est l’un des pays au monde qui connait  une  saison pluviale  alternée et  assez longue, son sol est fertile et toutes les cultures vivrières peuvent y pousser sans aucun problème. D’ailleurs, le Burundi est surnommé par les uns, pays aux mille et une collines et pour les autres, cœur d’Afrique.

Ce petit pays d’Afrique possède également le Lac Tanganyika qui est le premier lac le plus long du monde  avec 677 km de long et 50 Km de largeur ; il est  le deuxième le plus profond  du monde après le lac Baïkal et le deuxième lac le plus grand du monde après le lac victoria.

Comme je l’ai montré plus haut, le secteur de l’agriculture fait vivre la majorité des burundais. Cette majorité est constituée par les jeunes et les femmes. Pour constater cela, il suffit de visiter les provinces de l’intérieur du pays et contempler la verdure champêtre, vous y trouverez une population jeune.

Paradoxalement, on parle aujourd’hui de l’insécurité alimentaire. Pourquoi cette situation ?qui en sont les premières victimes ?quelles sont les solutions à y
apporter ?

Le premier  problème se trouve au niveau de l’utilisation des outils et techniques archaïques.

En effet, la population a un manque de connaissance sur l’identification du sol sur lequel il faut cultiver. Un autre manque se trouve au niveau de savoir quel type de culture il faut adopter sur quel type de sol ?cela a évidemment des répercussions sur la  production.

Le deuxième problème concerne les débouchés.

Les cultivateurs n’ont pas des industries de conservation et de transformation pour vendre leur surplus. Faute de cet outil indispensable [industrie de transformation], les cultivateurs sont obligés de vendre leurs récoltes à un prix plus bas.

Le troisième problème est celui du de la non considération du secteur agro-pastoral qu’on retrouve chez les jeunes.

La plupart des jeunes surtout, ceux « éduqués » ne cessent de clamer que l’agriculture est une activité faite pour les  pauvres. Mais s’ils savaient combien des gens même des grandes personnalités qui vivent de cette activité, ils seront étonnés. A titre d’exemple les quantités  de lait qui sont consommés dans les grandes villes du Burundi sont fournies par les laiteries qui appartiennent à des personnes aisées et éduquées.

Le dernier problème concerne le financement de ce secteur.

Au Burundi, ce secteur a toujours reçu une fourchette de financement très négligeable. Alors qu’à Maputo en 2003, les chefs d’Etat  et de gouvernement se sont engagés à affecter au moins  10 pour cent de leur budget national au secteur agricole avant l’an 2008. Le constat est que le Burundi n’a pas respecté cet engagement. En voici  quelques exemples : en 2009, ce budget était de 2,4 pour cent. Il sera rehausse a 3,7 pour cent en 2010 puis a 7 pour cent en 2011.

Les victimes

Les femmes

Au Burundi, on sait que les femmes sont la première catégorie d’individus qui s’adonnent à cette activité et en fournissent une très grande énergie, ceux qui affectent leur santé et la réduction de leur espérance de vie.

Les enfants et les jeunes

Les enfants et les jeunes constituant à eux seuls plus de 65 pour cent de la population, sont facilement frappés par l’insécurité alimentaire et par conséquent c’est leur avenir qui est hypothéqué et mis en ruine.

La nation

La nation sera obligée de vivre de l’aide étrangère alors qu’elle a trois grands potentiels pour réussir  à savoir :des terres fertiles, une population jeune et nombreuse et enfin des marchés où elle peut exporter parce que le Burundi est membre de trois grandes organisations régionales  économiques :la Communauté Est africaine, la Communauté économique des pays des grands lacs et la COMESA

Propositions  solutions

Je propose :

  1. que l’Etat, ses partenaires et  les organisations non gouvernementales forment la masse paysanne sur les techniques modernes de cultiver afin d’accroitre le rendement ;
  2. que les jeunes soient conscients que pratiquer l’agriculture n’est pas une abomination mais une source de revenu et d’une vie décente ;
  3. que le gouvernent octroie plus de 10 pour cent de son budget national au secteur de l’agriculture et de l’élevage ;
  4. que l’Etat aide sa population à mettre en place des industries de conservation et de transformation et à trouver des débouchés

 

Teddy Harushimana

L’abondance agricole au Burundi : un challenge pour les producteurs

La plupart de cultures pratiquées au Burundi sont saisonnières. Pendant les récoltes, souvent c’est le consommateur qui se réjouit le plus, du fait de la baisse du prix. Le bonheur du consommateur est souvent fait du malheur des producteurs. Pendant les saisons de récoltes, c’est apparemment le moment où les prix chutent graduellement sans que les producteurs trouvent une autre issue. Les producteurs qui bénéficient au mieux de leurs produits agricoles sont ceux qui peuvent patienter, garder leur récoltes, au cas où elles se conservent bien, pour pouvoir vendre après la saison de récolte. Dans le cas contraire, c’est toujours le marché qui fixera son prix. Avec une offre abondante, le prix est souvent dangereusement défavorable aux producteurs.

Pour la production des fruits, des légumes et d’autres denrées facilement périssables, une bonne récolte entrainent parfois une catastrophe du côté des producteurs. Les mangues, ananas, tomates ou patates douces,  laissent de possibilité très limitée aux producteurs burundais, du fait de manque des moyens de conservation. Au Burundi, la conservation des produits agricoles reste à désirer car les industries agroalimentaires sont peu nombreuses et cela fait partie des contraintes de ce secteur. D’une part, les moyens financiers manquent aux agriculteurs et de l’autre part, l’énergie électrique est faible et incertaine. Les usines de transformation des fruits sont peu nombreuses, situation qui handicape les producteurs. Une forte production les oblige de temps en temps à jeter certains de leurs produits qui pourrissent faute d’acheteurs.

Cette situation est un grand désavantage pour des petits producteurs qui espèrent vivre de leurs produits. Après récolte, ils n’ont pas d’autres alternatives que vendre directement aux consommateurs finaux sur le marché. Ceci explique le fait qu’au cas où la production est très importante, ces agriculteurs perdent énormément. Le réseau routier n’étant pas aussi bon de leur côté, plusieurs régions du pays connaissent la pénurie de certains produits, pendant que d’autres connaissent le surplus. En plus de cela, la conservation et la transformation des produits agricoles étant impossible pour plusieurs, le secteur agricole éprouve visiblement un besoin urgent pour lequel l’Etat doit voler au secours.

Les défis des jeunes agriculteurs au Burundi

Plusieurs jeunes exerçant dans le secteur agricole au Burundi se retrouvent confrontés à plusieurs défis, dont le manque des terres. La terre constitue pour plusieurs jeunes un défi géant à leurs activités. Dans les campagnes et même à Bujumbura rural, la production agricole se fait souvent sur des terres familiales ; de ce fait, devenir jeune agriculteur autonome est un rêve parfois inaccessible, compte tenu de moyen précaire de plusieurs jeunes, vivant dans la campagne et même à Bujumbura rurale. Avec l’urbanisation dans plusieurs communes de Bujumbura, plusieurs espaces cultivables disparaissent et des agriculteurs se convertissent dans plusieurs autres activités.

 

        

         Au Burundi les cultures vivrières occupent près de 90 % de terres cultivées, à part le café, le thé et le coton qui sont les principales cultures de rente au Burundi avec 10 % d’espaces cultivées. Ceci prouve à quel point l’agriculture est juste vouée à l’autosuffisance alimentaire et non pour le commerce. A côté du bananier, du théier ou du caféier qui dominent le paysage rural,  les autres cultures ont souvent un taux de commercialisation très bas et parviennent à peine à couvrir les besoins alimentaires de familles qui le produisent. Par manque de capitaux et peu d’ouverture du secteur agricole aux jeunes, plusieurs finissent par devenir des taxi-vélo, ou des taxi-moto et d’autres se livrent au commerce.

Enfin, il est certain que plusieurs jeunes accordent peu d’importance au secteur agricole et n’y voyent pas d’avenir. Cette vision que plusieurs  se sont forgée les empêche de consacrer plus de moyens et de temps dans les activités agricoles. D’autres jeunes font de l’agriculture juste un tremplin ; après avoir trouvé des moyens financiers suffisants, ils préfèrent se lancer dans le commerce. D’une manière générale, le manque des capitaux reste un défi de taille pour plusieurs jeunes car à vrai dire, « un projet agricole est budgetisable comme tout autre projet » et nécessite autant de moyens et des sacrifices.

Le parcours d’un jeune dans la riziculture au Burundi

Christophe est un jeune âgé de 28 ans, vivant à Bujumbura au Burundi. Ce jeune homme, comme tous les autres jeunes du Quartier Nord de Bujumbura, se débrouille tant bien que mal pour nourrir sa famille. A la recherche des activités pouvant assurer son autosuffisance financière, Christophe s’était lancé dans la riziculture durant deux ans. Ses activités agricoles, bien qu’elles n’aient pas pu continuer, dénotent l’état déplorable de ce secteur qui devait être, par contre, le pilier de la société. Depuis l’an 2007 à 2008 ce jeune homme, nouvellement marié, a pratiqué la riziculture dans la province de Bubanza, commune de Muzinda, au nord de Bujumbura.

Vivant lui-même loin de cette commune, il devait chercher une autre personne qui serait en charge de la surveillance des activités sur terrain. En plus de cela, il devait aussi s’y rendre de temps en temps pour voir l’évolution de son champ. Pour cette culture qui prend plus ou moins quatre mois, Christophe a pu dépenser pour la location du terrain, l’irrigation de son champ, les salaires des ceux qui l’ont aidé au sarclage mais aussi pour la personne en charge de la surveillance, car les cas de vol dans les champs se font souvent dans cette commune.

Après les quatre mois qu’avait prit le champ pour donner la récolte, Christophe récolta et vendit son riz au marché. Ce fut difficilement que ce jeune a pu récupérer son capital investi dans cette activité sans vraiment être satisfait du résultat de son travail. Pour la plupart de ceux qui vivent en dehors de cette province, où la riziculture occupe une majeure partie de la population, le coût de production semble plus élevé que la récolte qu’ils en tirent. Nombreux doivent louer le terrain, acheter des engrais chimiques, payer la société en charge de l’eau pour l’irrigation des champs…, sans oublier aussi leur transport pour des visites sur terrain.

Bien que le riz soit parmi les aliments de base au Burundi, ceux qui pratiquent la riziculture ne sont tout de même pas bien rémunérés par cette activité. Certains paysans, ayant des terres, faute de capitaux, doivent louer leurs terres aux autres. D’autres par contre, doivent emprunter de l’argent aux commerçants et leur rembourser en nature, après la récolte. En plus, pendant la récolte le prix baisse et seuls les agriculteurs qui peuvent garder leur stock du riz, peuvent les écouler à un bon prix, après cette période.

C’est encore difficile aujourd’hui de trouver des gens qui émergent économiquement, au Burundi, grâce à l’agriculture. Les paysans ayant de terrains manquent souvent des capitaux et louent parfois leurs terrains. Ceux qui parviennent à cultiver, à la récolte ils ne peuvent pas s’empêcher de garder leur récolte jusqu’au moment où le prix du marché soit favorable. Bien que cette activité soit incertaine pour des retombées financières, elle permet tout de même l’autosuffisance alimentaire de plusieurs ménages, à Bujumbura et dans d’autres provinces du pays.

L’agriculture source d’espoir de ménages au Nord de Bujumbura

L’agriculture donne encore de l’espoir aux ménages pauvres, se trouvant dans les quartiers nord de Bujumbura. Plusieurs ménages, au nord de Bujumbura, vivent des petits commerces et trouvent des ressources, un peu maigres, dans des activités agricoles autour de leurs domaines. Dans un pays où le secteur primaire reste le plus actif dans l’emploi, les terres cultivables sont une grande source de revenu familial. Certains propriétaires de terres préfèrent les louer aux autres, cependant d’autres, exploitent leur terrain pour des fins nutritives ou commerciales.

Ce matin je me promène dans un coin un peu reculé de la commune de Kamenge, à Bujumbura. Je fus surpris en voyant comment, presque touts les ménages, exploitent leurs terres par des cultures vivrière de légumes ainsi que du riz. Bien que ce soit encore la saison sèche, on trouve des plantes toute vertes et très productives. Des jeunes et adultes se donnent ensembles à ces genres d’activités. Du fait que le milieu se situe un peu loin des diverses distractions de la ville, internet, cinéma,…l’agriculture ne souffre pas de manque de la main-d’œuvre dans ce coin.

Bien que pour le moment les terrains cultivables deviennent de plus en plus rares, à cause de l’urbanisation et l’explosion démographique, l’agriculture est loin d’être dépassée. Ses bienfaits restent visibles et personne ne pourra prouver le contraire. Des légumes qui sont fournies aux différents marchés grâce à cette activité, reste une preuve que l’agriculture est encore source d’espoir des producteurs et des consommateurs, à Bujumbura. Ce qui me réjouie de plus, c’est de trouver des jardins dans différents terrains des institutions éducatives et même dans des camps militaires. L’agriculture doit encore s’intensifier à Bujumbura car sans elle plusieurs ménages ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui!!!